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Incapable de reconquérir l’île, Gênes la cède à la France le 15 mai 1768. Depuis longtemps, la monarchie française cherche à contrôler la Corse dans un but stratégique. La bataille de Ponte Novu en 1769 brise la résistance organisée. Paoli s’exile en Angleterre, tandis que la guérilla se poursuit jusqu’en 1774.
La Corse, replongée dans l’Ancien Régime, sert de lieu d’expérience pour des innovations prévues pour l’ensemble du Royaume. Les jeunes gens des familles notables font leurs études en France, tandis que l’île est privée de ses lieux de formation ; l’aggravation des impôts et l’inféodation de terres communes exaspèrent la population.
La Révolution de 1789 est comprise par les Corses comme un ralliement de la France aux idées qu’ils défendaient vingt ans plus tôt. C’est dans l’enthousiasme que l’île est intégrée dans “l’Empire français" le 30 novembre 1789, tandis que Paoli reçoit un accueil triomphal et retrouve le pouvoir. Mais les oppositions ne tardent pas : Paoli, accusé de l’échec de l’expédition de Sardaigne et convoqué à la Convention, fait appel à l’Angleterre. Le 10 juin 1794 est proclamé le royaume anglo-corse : l’île, dont le roi est celui d’Angleterre, dispose de sa propre constitution. Cette expérience dure deux ans : un nouvel exil de Paoli et les succès de Bonaparte en Italie facilitent la reconquête française dès 1796.
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